Jacot des Combes, une histoire familiale depuis 1911

Plus d'un siècle d'histoire, de la première grille forgée en 1911 aux portails motorisés actuels. Les moments qui ont construit Jacot des Combes.

L'histoire de Jacot Des Combes à Bienne

Avant Jacot des Combes, il y a une famille d'inventeurs. Gustave-Émile, né en 1875, étudie à l'école industrielle de Lausanne ; son frère Pierre devient technicien. Leurs liens avec une entreprise américaine de clôtures pour bétail débouchent, en 1909, sur un droit exclusif : représenter en Suisse les treillis Page. La première brique de l'aventure était posée.

Retour en Suisse

Tout démarre en 1911 avec une entreprise de clôtures et d'articles en fil de fer. Premier produit : la clôture Page, fabriquée sur une machine du Michigan reçue en quarante caisses, sans plans. Dès 1914, Jacot des Combes et Cie expose à Berne. Les frères bâtissent leurs premiers ateliers le long de la Suze, avant de regrouper la production de treillis à la rue d'Aarberg en 1941.

Innovation et Ingéniosité

À cette période, l'ingéniosité prime. Avec des moyens limités, JDC multiplie les produits (supports à vélos, portails, gonds) et fabrique ses propres machines. L'entreprise pose des clôtures, cherche de l'eau par sondage et plante des pilotis en béton. Sa marque de fabrique : les grillages de volière presque invisibles, adoptés par les zoos suisses, dont ceux de Bâle et de Berne.

Vers l'étranger

Les premières volières exportées partent à Anvers, en Belgique. De nombreux atouts techniques sont mis en valeur dans les publications de l'entreprise: par exemple la clôture Page, fabriquée en acier à haute limite élastique permet de mettre une distance entre poteaux de cinq mètres, quelle que soit la hauteur, ce qui baisse le coût au mètre de cette clôture par rapport à du treillis simple torsion.

Une photo de catalogue montre une voiture Ford Eiffel (modèle 1938) qui enfonce légèrement la clôture sur la première image, puis elle recule sur la seconde image et la célèbre clôture Page se remet en place sans déformation permanente. La même photo est reprise dix ans plus tard, mais la voiture est une Jeep rachetée aux surplus américains en 1946. Les instruments de publicité de l'époque sont constitués de catalogues, longues listes de références de clients, mais aussi de photographies stéréoscopiques faites sur des plaques en verre des Frères Lumière. Pour les visionner, elles sont placées dans un appareil en bois muni d'oculaires que l'on place face à une fenêtre pour obtenir la lumière. L'impression de relief en est parfaite et ce matériel est encore parfaitement opérationnel de nos jours.

Déjà la 3D

La guerre apporte la fabrication de barbelé militaire selon le procédé Ribard, repliable et réutilisable. En 1942, la disparition de Pierre Jacot précipite l'arrivée d'Henri, 22 ans, aux côtés de son père Gustave ; l'entreprise devient une SA. L'après-guerre élargit la gamme et voit naître Posalux sur le même terrain, dont JDC réalisera la tôlerie jusque dans les années 1990.

Les grands travaux

Le temps des grands chantiers. En 1955, Henri reprend l'entreprise et négocie un échange de terrains avec la ville pour bâtir une usine à la rue Gottstatt, avec une halle de plus de 2000 m². Il crée les coffrages perdus en tôle, idée de l'ingénieur Franz Wilhelm : des tubes intégrés aux dalles pour alléger le béton. Deux machines achetées en Norvège produisent en série ce nouveau produit baptisé Cofratol.

Se remettre en question

L'entreprise ne cesse de se réinventer. Sans paternalisme, Henri et son père misent sur le bien-être des équipes : horaire libre adapté aux rythmes de chacun, salaire mensuel précoce, compteurs qui laissent les opérateurs améliorer leur propre production. Gustave, octogénaire, garde son coin de menuiserie et initie son petit-fils Jacques aux machines. Il meurt en 1964 à 89 ans, laissant Henri et sa sœur May à la tête de la société.

Se développer

1968 se passe sans crise : le dialogue entre direction et employés existe déjà. Les années 1970 et leurs débats de société sont abordés dans le respect de chacun. Fin de décennie, JDC sauve son partenaire Girardot en France et en prend le contrôle. La société sera revendue dans les années 2000.

De nos jours

À partir des années 2000, JDC mise sur la valeur ajoutée. La haute sécurité d'abord : des clôtures anti-intrusion équipent équipent des sites sensibles dès 2002, avec une électronique et une détection par fibre optique maison. Puis le contrôle d'accès, de la première borne automatique à une gamme complète de tourniquets. Dans les années 2010, l'entreprise explore les énergies renouvelables et brevette ses propres séchoirs. En 2015, la quatrième génération prend la tête de la société.